Archive du mois de juillet 2009

    La préférence régionale à tout prix

    Vendredi 31 juillet 2009

    Les Bretons et leurs galettes-saucisses, les Corses et leurs beignets au bruccio… Marlène est entourée de gastronomes qui pratiquent la « préférence régionale » à tout prix !
    Mathilde, laborantine de 28 ans, vit en Bretagne, à quelques rues de chez ses parents. Si elle devait se définir en un seul mot, ce serait « Bretonne ». Elle porte un Triskell autour du cou, un bandana orné d’une hermine sur les cheveux, et sur la sacoche de son ordinateur, elle affiche des autocollants : « Breizh for Ever », « Kenavo les amis », « Anne de Bretagne » … Mathilde n’est pas une dangereuse séparatiste bretonne. Mais son amour pour le territoire va au-delà d’une devise ou d’un drapeau. On peut dire qu’elle mange littéralement de la Bretagne !

    Par conviction ou pour honorer des habitudes familiales, pour renforcer son sentiment d’appartenance à une communauté, ou tout simplement par goût, Mathilde ne mange que des produits typiques. « Les galettes bretonnes par exemple, n’ont rien à voir avec les crêpes mangées partout ailleurs en France. Ce sont de vrais repas complets, au blé noir, sans œuf. Si je mange souvent des galettes-saucisses ? Presque tous les midis. » Elle parle avec passion de simples plats et confesse qu’elle ne pourrait pas vivre ailleurs si ça signifiait renoncer à ses repas typiques. Elle s’effraie en demandant dans une grimace : « Qu’est-ce que je mangerais ? Des hamburgers ? »

    Cette question, ils sont plus de 300 000 à se l’être posée. Nés en Bretagne (Loire Atlantique comprise, mais ne vous affolez pas, c’est juste pour la statistique) ces personnes se sont installées en Ile-de-France – pour la plupart dans les 14è et 15è arrondissements de Paris- pour des raisons professionnelles ou sentimentales. Ces nouveaux parisiens sont 60% à voter en Bretagne et plus de 70% à espérer y retourner un jour, selon l’association des Bretons de Paris. En attendant, pour éviter la turista parisienne, ils continuent à manger Breton. Peu importe le coût : Breizh Cola à 2 € les 33 cl, Palets bretons à 2 € 80 le paquet, quand un simple paquet de Petits Beurres vaut moins de 60 cents, rien ne les arrête.

    On recense plus de 20 magasins spécialisés dans la gastronomie et les produits de Bretagne en région parisienne, sans compter les rayons des supermarchés qui réservent désormais une place de choix à la nourriture « communautaire ». Entre les produits casher, les produits portugais, les produits hallal et les produits américains, on trouve désormais des rayons « Bretagne », « Bourgogne », « Corse »…

    Car la « préférence culinaire » n’est pas réservée aux Bretons. Marc, d’origine Corse, est arrivé en région parisienne en 2003. Où qu’il soit, il mange toujours exclusivement des produits insulaires. Sa femme en témoigne : « A tous les apéritifs il veut du Cap Corse, de la Pietra (bière Corse) de l’Orezza ou de la St Georges (eaux Corses) pendant les repas, et de la liqueur venue de Castagniccia (châtaigneraie, région du Nord de la Corse) au digestif. » Ces lubies communautaires et alimentaires ne s’arrêtent aux boissons : « Quand nous sortons, je ne demande jamais à Marc où nous allons. Je sais d’avance qu’il va m’emmener dans un restaurant corse ! »

    Son principal fournisseur est un site Internet où il paye jusqu’à 13 € le saucisson « avec un excellent rapport qualité-prix », précise-t-il. Pour économiser les frais de ports, il se rend aussi sur les foires ou salons. « Au marché, j’ai repéré un stand de Corse. Bon, la confiture de figues est à 7 € 50, mais au moins, on soutient l’économie de notre région ! C’est une sorte de commerce équitable artisanal en fait, on redistribue l’argent aux gens de chez nous. » analyse-t-il.

    Obsessionnel ? Non, « gastronome » affirme Marc. Prêt à tout pour se procurer ses en-cas favoris, il fait déborder les placards de canistrelli, des biscuits au vin blanc, au citron ou à la fleur d’oranger « achetés l’été 2008 en Corse » et de divers paquets faits-mains « à partir de produits corses » et non étiquetés . Pour lui, ça n’a pas de prix, comme dirait la pub. Marc rend aussi visite une fois par mois à sa famille restée à Bastia (« hors saison, j’en ai pour moins de 150 € aller/retour ») et en profite pour ramener des victuailles : de la charcuterie, du fromage, du sanglier, acheté directement aux producteurs, sur place.

    Ce qui n’est pas toujours très pratique : « Un jour, je suis rentré en bateau. J’avais mis mon sac dans une consigne pour avoir les mains libres. Ma grand-mère avait congelé du sanglier, pour qu’il se conserve mieux, si bien qu’il a commencé à dégeler dans la consigne où il devait faire 28 °. Quand je suis revenu le chercher, il y avait du sang qui coulait à travers la porte. Tous les autres passagers me regardaient de travers, ils devaient se demander ce que ce type avec une tête de Maure tatouée sur l’épaule avait mis dans sa consigne ! » S’ils avaient su que c’était juste de quoi mitonner un petit plat typique à son épouse à moindres frais… !

    Marlène Schiappa

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    En vacances, j’assure !

    Jeudi 30 juillet 2009

    Malgré la crise, vous serez des milliers à bronzer sur les plages du monde entier. Mais avez-vous vérifié votre police d’assurance voyages ? Chaker vous propose de le faire maintenant : c’est le moment ou jamais !
    L’assurance voyage est aussi importante que l’auto-bronzant. Sinon plus. Lorsque l’on évoque l’assurance voyage, on pense souvent au film « Banzaï » dans lequel Coluche joue le rôle d’un employé d’une compagnie d’assurance voyages. Ce film humoristique décrit un marché de l’assurance assez loufoque. Dieu merci, la réalité est toute autre. Aujourd’hui, l’assistance n’est plus la seule règle de protection, les particuliers assurent leurs vacances, comme leurs maisons. On parle même d’assurances météo, garantissant un remboursement de votre séjour en cas de pluie ! Quand on ne s’offre qu’une semaine de vacances sur l’année, on multiplie les exigences. Et face à cette demande accrue, l’offre s’est diversifiée et les acteurs se sont multipliés: même les banques ont investi ce nouvel El Dorado !

    Très peu des porteurs de carte bancaires le savent, en plus de pouvoir faire des retraits et des achats, ils peuvent bénéficier d’une assurance voyage. En effet, toutes les cartes (Visa, Mastercard) proposent différents types de garantie : annulation voyage, rapatriement, perte de bagages, etc. Mais évidemment, les avantages dépendent du prix de la carte.

    Pour les cartes dites « gamme classique », en l’occurrence Visa et Mastercard (1), ils se limitent aux offres de base : rapatriement, frais médicaux à l’étranger, assistance juridique, assurance décès et invalidité, avance frais hospitalisation à l’étranger, visite d’un proche en cas d’hospitalisation. Concernant les cartes dites « haut de gamme »(2) (Gord, Platinium, Premier, Infinité) , en plus des services classiques, vous bénéficierez des avantages non négligeables : envoi médicaments, annulation voyage, perte bagage, retard avion et train.

    La grande différence entre ces cartes bancaires, c’est souvent le montant de la garantie. Par exemple pour une carte Visa Infinité, l’assurance couvre jusqu’à hauteur de 156 000 euros pour les frais médicaux à l’étranger, et seulement 11 000 euros pour une carte Visa Classique. Même chose pour l’assurance décès : le bénéficiaire en cas de décès perçoit 620 000 euros pour une carte Mastercard Platinum et 95 000 euros pour la classique.

    Malheureusement, à la différence d’un contrat d’assurance, c’est souvent le banquier qui choisit votre carte et donc par conséquent le type d’assurance voyage : un client RMIiste ne pourra souscrire à une carte Gold. Et pour les interdits bancaires, la carte « électron » aux montants plafonnés et au faible coût mensuel, ne prévoit pas d’assurance voyage, ils ne vous restent plus qu’à allumer un cierge avant de partir.

    L’assurance « package » des cartes bancaires a plusieurs inconvénients : elle n’est pas personnalisée, hors dans le cas d’une assurance voyage, il est parfois nécessaire de moduler son assurance selon la destination où la durée du voyage. De plus, les conseillers financiers maitrisent mal le détail des assurances voyages, souvent en cas de demande d’information, ils se limitent à vous donner une brochure succincte où au mieux les coordonnées du prestataire.

    A ce jour, ce sont les compagnies d’assurances qui proposent des contrats d’assurance voyage personnalisés et adaptés aux besoins des clients. Les assureurs sont plus réactifs au marché, ils modulent les contrats selon l’actualité : l’année dernière, toutes les compagnies d’assurance ont sorti des garanties contre les hausses de tarifs liés à l’envolée des prix des carburants.

    À la différence des banques, ils disposent de plusieurs canaux de distribution : agences de voyages et tour-opérateurs. Mais souscrire une assurance voyage en même temps que l’achat de son billet d’avion, est une erreur à ne pas commettre. Comparer, vérifier, s’informer et consulter avant toute souscription. Les meilleures assurances voyage sont proposées par Europ Assistance et Mondial Assistance, mais elles ne sont pas les seules. Pour trouver donc la meilleure offre, le site www.assurland.com peut vous aider à comparer.

    Les assurances associées aux cartes bancaires ont l’avantage de proposer un service de base, mais non personnalisé. Est-ce à dire qu’il est nécessaire de souscrire un contrat d’assurance chez un assureur ? « Mes clients qui partent en Grèce où à Marrakech et qui souhaitent partir bien assurés, on vérifie d’abord ensemble l’assurance associée à leur carte bancaire, et en général elle suffit. Par contre un client qui s’en va trois mois à Djibouti, je vais lui proposer une assurance qui soit conforme à son besoin » affirme Raymond Bonnart, courtier en assurance.

    Quoi qu’il en soit, si vous partez en vacances, n’oubliez pas votre numéro d’assuré et le numéro d’assistance : au bout du monde, avec des personnes qui ne parlent pas votre langue, et sans le numéro de votre assurance, bonne chance ! Mais nous vous souhaitons évidemment de ne pas en avoir besoin…

    (1) Tarif annuel selon les banques : de 30 à 45 euros
    (2) Tarif annuel selon les banques : de 95 à 250 euros

    Chaker Nouri

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    Parents au bureau, enfants à la plage ?

    Lundi 27 juillet 2009

    Cet été, vous travaillez. Mais vos enfants sont en vacances… que faire, à part les laisser devant la télé ou les envoyer chez Mémé ? Marlène compare le rapport qualité / prix des alternatives qui s’offrent à vous.
    Tout cumulé, sur l’année, les écoliers bénéficient de 4 mois de vacances, les bébés gardés en crèche de 5 semaines, et les étudiants, jusqu’à 5 mois. Pas évident pour les parents de suivre le rythme de chacun de leurs enfants et de trouver une occupation adaptée pour eux. En parallèle, l’âge de la retraite recule de façon exponentielle, (plus de 61 ans en moyenne) ce qui a pour conséquence de rendre les grands-parents de moins en moins disponibles pour leurs petits-enfants. Et avec l’instauration du travail dominical, il devient difficile de trouver plusieurs jours de congé communs avec sa famille. Dans ce contexte, Ecotidien a répertorié les alternatives qui s’offrent aux parents travailleurs. A compléter avec vos propres solutions…

    Colonies de vacances : 200 à 950 € par semaine

    Vos enfants ont 7 à 17 ans, ils ont envie d’indépendance et vous avez un petit budget à consacrer à leurs vacances ? Osez les colonies. A partir de 200 € par semaine, vous trouverez toutes sortes de colonies : pour les familles de militants écologistes, les séjours « nature » proposent des visites de fabriques de miel, des rencontres avec des bergers, des déplacements en VTT ou même des colo sans électricité ! Plus chères, les colonies résolument touristiques, comme « Merveilles du Maroc », qui permettent de découvrir une nouvelle culture pour 950 € la semaine. Avant de valider votre paiement, vérifiez que le centre de colonie ait un agrément du Ministère de la Jeunesse et des Sports, seule garantie officielle et objective que les règles d’encadrement seront bien respectées. Reportez-vous à un annuaire de colonies de vacances comme ici : annuaire de colonies de vacances

    Echange d’enfants : 0 €

    L’échange de maisons se démocratise, pourquoi ne pas passer à l’échange d’enfants ? Mélissa, trentenaire parisienne, s’y essaye cette année. « Je pars au Cap Ferret en aout avec mon fils et celui de ma meilleure amie, pendant qu’elle travaille. Elle prendra ses 15 jours de vacances en octobre, à la Toussaint. Et partira à son tour avec son fils et le mien, pendant que je serai au bureau ! » Ce système innovant et inventif permet à Mélissa d’économiser les frais de garde de son fils, et de lui faire bénéficier de vacances gratuites !

    Garderies : 0 € à 700 €

    Le tarif dépend de la garderie (école, jardins d’enfants, garderie privée) et varie du simple au X10 ! Si les garderies souffrent de leur image bas de gamme, elles n’en sont pas forcément meilleur marché. “Je paye 9 € 50 par jour et par enfant pour le centre aéré. Soit 400 € pour le mois, environ. Finalement, pour ce prix-là, j’aurais pu leur offrir un petit voyage, regrette Franck, père de 2 filles; Toutefois, elles sont ravies et y font de nombreuses activités: petite piscine, visites de monuments, cours de chant…

    Jobs étudiants : + 1340 € pour eux

    Après 14 ans, les lycéens et étudiants ont la permission de travailler pendant la moitié des vacances scolaires sous condition de respecter des horaires précises. Il n’est pas question de faire travailler des enfants, mais de leur donner un aperçu de la vie active et la valeur de l’argent. Si un stage d’observation n’est pas rémunéré, en revanche, un emploi à mi-temps est payé en parts du SMIC (1340 € environ). Il n’est pas trop tard pour postuler, de nombreux métiers (distribution, bâtiment) recrutent en permanence, tout au long de l’année ! Attention, une autorisation écrite de l’inspecteur du travail est nécessaire 15 jours avant le début du contrat. Charge à vous ensuite de déclarer les revenus de vos enfants mineurs à votre centre des impôts. Toutes les infos légales ici: vos droits.

    Bonnes vacances à tous !

    Marlène Schiappa

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    Anti-casseurs de Vélib’

    Vendredi 24 juillet 2009

    Chou enquête sur de mystérieuses brigades “citoyennes”…

    La plaie des Vélib ? Les casseurs ! Rien n’est plus décourageant pour les utilisateurs que de découvrir, une fois délestés de leur caution bancaire, que leur engin a une roue crevée, un frein douteux, un guidon défectueux… Heureusement, des solutions existent: le numéro de téléphone Allo Vélib, les réparateurs, et… une mystérieuse brigade “anti casseurs”.

    ” Anti casseur de Vélib’ “ sur Yahoo! Vidéo

    Chou Sin

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    En (co)voiture, Simone !

    Mercredi 22 juillet 2009

    Quel mode de transport est écologique, économique et convivial ? Le covoiturage ! Ecotidien a testé pour vous.

    L’équation est simple: pleine période de vacances scolaires + congés annuels + pouvoir d’achat en berne = hors de question de se payer un billet de train plein tarif. Beaucoup trop onéreux. Ecotidien a donc testé pour vous le covoiturage. En quelques clics et deux coups de téléphone, rendez-vous est pris avec Miloudi qui nous attend Porte d’Orléans. Prix du voyage par personne ? 35 Euros. Il nous aura fallu moins d’une heure pour trouver voiture à notre pied sur un des sites spécialisés !

    Plusieurs milliers d’utilisateurs font désormais appel à ce moyen de transport. Une dizaine de sites web dédiés comme celui que nous avons utilisé permettent de mettre en relation conducteurs et passagers. Et si l’engouement se confirme, c’est sans aucun doute parce que c’est simple, efficace et que tout le monde y trouve son compte financièrement. Le prix ? autour de 5 centimes le kilomètre. Miloudi, qui propose désormais à chaque voyage les places libres dans son véhicule, ne s’en cache pas. « C’est la cinquième fois que je voyage de cette façon. Avec trois passagers, je rembourse quasiment totalement mes frais de voyage. Et en plus on fait souvent des rencontres sympas ! ».

    C’est le premier avantage du covoiturage : les économies. Un Paris-Marseille coute en moyenne 87 euros en train et 96 euros en voiture individuelle. Sur les sites de covoiturage, vous trouvez votre trajet entre 30 et 40 euros ! Et sur un trajet quotidien de vingt kilomètres, en alternant avec un autre conducteur, vous pouvez économiser jusqu’à 2000 euros par an.

    Même enthousiasme côté passager. Eglantine est institutrice et pratique le plus possible ce mode de transport. « Ca me permet de partir un peu quand j’en ai envie. C’est mieux que le stop, on a un premier contact téléphonique. Au début on ne sait pas trop à quoi s’attendre, on ne connait pas le conducteur…Finalement on est rapidement rassurés. Depuis trois ans que je voyage ainsi, je n’ai jamais eu de mauvaise surprise. » Pour elle c’est devenu une réelle liberté. « Je n’ai pas le permis de conduire et la plupart de mes amis parisiens non plus. Le covoiturage a changé mes possibilités en termes de mobilité. » Une voiture lui coûterait plus de 400 € par mois (essence, assurance, parking et réparations comprises) elle a donc tout un budget a consacrer au covoiturage.

    Le covoiturage, c’est aussi un gage supplémentaire de sécurité. 80% des français roulent seuls dans leur véhicule. Selon certaines compagnies d’assurance, les risques d’accidents seraient moindres pour les conducteurs accompagnés. A la veille des grands départs sur les routes, il est bon de rappeler que le covoiturage peut permettre de partager le volant durant les longs trajets évitant ainsi une trop grande accumulation de fatigue.

    Insistons également, surtout en cette période de prise de conscience, sur l’écologie. Moins d’automobilistes donc moins d’émissions de gaz à effet de serre. Samia possède un véhicule mais a décidé de pratiquer le covoiturage au quotidien avec une de ses collègues. « Pour moi c’est un geste citoyen. On ne peut pas regarder la planète se dégrader sans rien faire. Une voiture pour deux, c’est un premier pas quand on sait que la pollution atmosphérique est due pour 25% aux transports ! »

    Enfin, le covoiturage, c’est surtout convivial. Eglantine en est d’ailleurs convaincue. « L’an dernier, un conducteur qui avait déjà fait 30 kilomètres à fait demi-tour pour revenir nous chercher. Le lendemain il nous appelait pour savoir si nous étions bien arrivés à notre destination finale. Depuis, c’est devenu un ami… »

    Economie, écologie et convivialité. Voilà ce qui pousse désormais de plus en plus de français à utiliser ce moyen de transport. Cependant, la proportion de la population pratiquant le covoiturage reste autour de 5% si vous faites partie des 95% restants, n’hésitez pas, foncez et en covoiture, Simone !

    Ange Santenard

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    Après le plombier, le médecin Polonais

    Mardi 21 juillet 2009

    Deux fois moins de médecins jeunes diplômés que de praticiens en partance pour la retraite. Dans les communes rurales, on fait appel sans complexe aux médecins des pays de l’Est…

    Depuis 2005 en France, un citadin sur dix quitte définitivement le monde urbain pour aller respirer l’air de la campagne, à la recherche du mieux-vivre. Mais cet exode vers le monde rural pose problème en matière d’accès aux soins. En effet, on constate une pénurie de médecin dans nos villages. Pour faire face, on fait appel à des Docteurs « House » des pays de l’Est.

    Depuis 1983, le nombre maximum de diplômés en médecine, a été régulièrement abaissé. Cette mesure, dictée par un déficit énorme de la sécurité sociale qui atteint cette année prés de 20 milliards d’euros selon la Commission des Comptes, a crée un déséquilibre sans précédent : jeunes diplômés moins nombreux que leurs confrères partant à la retraite. Selon l’INSEE, d’ici 2025 on accusera une baisse de prés de 9,4% du nombre de médecins sur toute la France. C’est surtout les médecins généralistes qui subissent de plein fouet cette pénurie, pour deux raisons : la plupart des jeunes fraichement diplômés se spécialisent et ceux qui néanmoins optent pour la médecine générale rechignent à travailler à la campagne. Devant ce délaissement, les maires de certains villages français ont décidé de faire appel à une « main d’œuvre » des pays de l’Est.

    Recherche médecins désespérément : voilà la devise de certains maires de nos campagnes, et pour trouver la « perle rare », ils sont prêts à consentir des efforts financiers. En effet, ils font appel à des cabinets de recrutement spécialisés comme l’Arime ou Revitalis conseil, qui facturent entre 40 et 60 000 euros la signature d’un contrat. En général, les mairies proposent un « package » aux praticiens intéressés : prise en charge du loyer pendant quelques mois du cabinet et du loyer. Et cerise sur le gâteau, les heureux élus ne déboursent rien de leurs poches. Devant cette offre alléchante, très peu restent insensibles, et pour cause. En moyenne, les médecins généralistes en Roumanie ou en Pologne ont un revenu mensuel qui n’excède pas 500 euros, alors qu’en France ils peuvent percevoir au minimum 2000 euros. C’est l’Eldorado.

    Aujourd’hui, selon le Conseil national de l’Ordre, il y a en France prés de 8500 médecins étrangers, plus de la moitié sont européens, pour l’essentiel des pays frontaliers. Mais depuis le 1er janvier 2007, date d’adhésion de la Roumanie et et de la Bulgarie à l’Union Européenne, 1100 médecins roumains et bulgares se sont inscrits au Tableau de l’Ordre. Face à ces chiffres, les maires des campagnes désertés ne peuvent que se réjouir. Mais pour autant, l’arrivée du médecin issue des pays de l’Est soulève quelques interrogations : exode des blouses blanches, reconnaissance et conformité des diplômes, problème d’adaptation..etc.

    Malgré tout, il faut avouer qu’il n’y a pas d’autres solutions alternatives, le retour à la campagne n’est pas à l’ordre du jour et même si certains jeunes diplômés sont prêts à faire le grand saut « la médecine moderne est devenue une activité commerciale comme une autre, affirme David, étudiant en 5ème de médecine nous n’avons plus à faire à une patientèle mais à une clientèle. Lorsqu’un jeune médecin achète un cabinet, c’est avant tout un investissement financier, il doit nécessairement analyser la zone de chalandise, vérifier que son activité sera bénéficiaire à terme, faire une étude de marché. Le métier a évolué. Il évident donc que beaucoup d’entre nous refusent d’exercer à la campagne ou même dans certains quartiers. Pour ma part, il est vrai que je déteste la ville, j’ai toujours vécu à la campagne, et je suis monté à Paris seulement pour étudier. Mais dés l’obtention de mon diplôme, je me sauve. Je rêve d’être réveiller par le chant du coq le matin, manger des légumes de mon potager. Je sais que je perdrai en terme de pouvoir d’achat, mais heureux car en harmonie avec mes convictions écologiques ».

    Après le plombier polonais, voici donc le médecin roumain, c’est Monsieur Bolkestein qui doit se réjouir. Rappelez-vous, Fritz Bolkestein est le commissaire européen qui défraya la chronique en 2005 en rapportant une directive européenne visant à libéraliser les services. A l’époque, beaucoup d’européens de « la vielle Europe » ont critiqué ce projet, car selon eux il instituait une concurrence déloyale et un nivellement des salaires par le bas.

    Force est de constater, que l’arrivée de praticiens des pays de l’Est ne provoque pas la même polémique, puisque ces derniers sont perçus comme des sauveurs et qu’ ils occupent des postes délaissés. La « nouvelle Europe » au secours de la « vieille Europe », c’est l’Europe du pire pour certains et du meilleur pour les autres.

    Chaker Nouri

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    Les concerts-fantômes

    Lundi 20 juillet 2009

    NTM, Michael Jackson, Madonna… Comment se faire rembourser les places de concerts qui n’auront jamais lieu ? Acheter un billet, est-ce faire un chèque en blanc à l’artiste ? Marlène a interrogé les premiers concernés…


    Avec le nombre des dernières péripéties et annulations de concerts, les fans hésitent désormais à acheter des places. Et les assurances risques proposées par les billetteries explosent…

    Inès et Léa vivent à Saint Etienne. Comme près de 40 000 personnes, ces deux étudiantes ont économisé pour pouvoir se payer le déplacement à Marseille, exprès pour le concert de Madonna : train, places, nuit d’hôtel, repas sur place et train de retour, elles ont déboursé plus de 500 € à elles deux. On ne les y reprendra plus. « C’est tragique ce qui est arrivé, deux hommes sont morts pendant l’organisation d’un loisir, c’est vraiment triste.» Mais la compassion des deux amies a des limites : « Nous, on n’y est pour rien. Ca ne doit pas empêcher les organisateurs de nous rembourser ! Nos revenus sont tout petits, on veut qu’on nous rende notre argent. A ce jour, on pensait être contactées par la production, mais on n’a aucune nouvelle autrement qu’aux infos.» Les fans de la Madone ont mis en vente leurs billets de train non-remboursables sur Internet, et annulé leur réservation d’hôtel. Inès et Léa ont ainsi perdu 30% du prix de la chambre, qu’elles avaient déjà payé.

    Des péripéties qui n’entacheraient pas la réputation de Madonna si son concert parisien n’avait pas déjà fait parler de lui. Les billets ont eu du mal à se vendre, certains ont été bradés le jour même, avec des réductions de dernière minute considérables pour éviter qu’elle ne chante face à une salle à moitié vide. Et les aficionados même les plus fidèles sont ressortis mitigés : « C’était sympa, sans plus » affirme Gilles, 40 ans. « Le concert commençait à 19h, on a eu une demi-heure de DJ en première partie , puis une demi-heure d’entracte. Puis plus de 2 heures d’attente. » Vers 22h20, enfin, la star planétaire est entrée sur scène pour une douzaine de chansons entrecoupées de clips vidéos et de chorégraphies des danseurs. La fin de l’événement était annoncée pour 22h45. Gilles s’était organisé en conséquence. A 23h, soit à peine 40 minutes après le début du spectacle, il a donc du quitter le Palais Omnisport de Paris Bercy pour rentrer chez lui, où sa baby-sitter attendait son retour. Le concert s’est achevé après minuit sans aucun rappel.

    NTM, en revanche, a une réputation scénique sans faille : la garantie d’avoir du spectacle ! Viviane les a vus à Bercy également, il y a 2 ans, elle avait payé 80 € pour une place assise juste en face de la scène. « C’est un vrai show, ils donnent tout sur scène, ils parlent avec le public, il y a des breakers, ils bougent, ils font toutes leurs chansons, ça dure plusieurs heures ! S’il n’y a qu’un seul groupe à voir sur scène, c’est NTM ! » Recommande la fan qui attendait les concerts de cet été 2009 avec joie. Alors, quand on lui a appris que seul Kool Shen serait présent, elle a eu un a priori négatif. Finalement vite balayé « Il a assuré deux fois plus ! ». Même chanson à Biarritz et au Québec. Les Suisses n’auront pas cette chance, le concert du festival de Nyon (dont ils étaient tête d’affiche) prévu le 24 juillet prochain est purement et simplement annulé. Sébastien Farran, le manager d’NTM, racontait au Figaro que certains festivals ont proposé à Kool Shen de toucher uniquement 20% du cachet prévu, « après avoir vendu des billets sur le nom de NTM et de Joey Starr ! » mettant de surcroît en péril la société organisatrice.

    « Une chose est sûre, ces dernières semaines, les clients prennent plus facilement l’assurance annulation avec leurs places ! » assure Emilie, vendeuse en billetterie. Une assurance qui coûte de 4 à 15 € minimum selon le vendeur et le concert. Et ne fonctionne bien évidemment pas avec les places achetées à la sauvette. « Les clients veulent tout, payer un billet pas cher, et en plus être remboursés, ce n’est pas possible ! Certains sont venus avec des places pour Madonna sans justificatif d’achat, en disant qu’on leur avait vendues dans la rue, et en demandant à se faire rembourser ! »

    Mais il est une annulation de concert qui a fait gagner de l’argent à la société productrice : après la mort de Michael Jackson, plus de 2 millions de ses CD ont été vendus dans le monde et il occupe actuellement 4 des places du Top 5. « Je me suis rabattu sur le CD comme tout le monde. J’avais payé mon billet pour le concert de Londres 120 € sur un site d’enchère, je l’avais acheté à quelqu’un à qui on l’avait offert. Impossible de remonter jusqu’à l’acheteur pour se faire rembourser. » raconte Aurélien. Bien qu’il ne puisse aller au concert, il a trouvé le moyen de gagner un peu d’argent : « J’attends que la place soit collector, et à mon tour, je la vendrais aux enchères. » Dans 10 ans, Aurélien espère bien en tirer 200€ et rentrer ainsi dans ses frais. Reste une question: qui acceptera de lui acheter une place pour un concert passé qui n’a jamais eu lieu ?

    Marlène Schiappa

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    “Paris, un rêve un peu fou !” [VIDEO]

    Vendredi 17 juillet 2009

    Tour de France du pouvoir d’achat, 3/3. Entre Paris et les 2,5 millions de Parisiens (dont la plupart sont d’anciens provinciaux) c’est “je t’aime, moi non plus”. Alors, Paris, combien ?

    Ecotidien s’est promené à Dijon, Marseille, Vannes, Rennes, Toulouse, en demandant aux habitants de toutes les régions où on trouvait le meilleur pouvoir d’achat. Mais on ne peut pas parler de la France sans parler de Paris !

    A Paris, de multiples possibilités de carrières s’offrent à vous: les sièges sociaux des entreprises, les médias, les pouvoirs publics, toute l’influence est concentrée dans la capitale. Avec une vie artistique intense et des transports accessibles (métro, bus, RER, Transilien, Noctambus, tramway, Vélib, Autolib’, taxis) dire que Paris ne dort jamais, ce n’est pas un cliché. Les revenus moyens sont aussi plus élevés que sur l’ensemble du territoire français.

    Mais avec des prix prohibitifs pour se loger (plus de 6000 € le mètre carré à l’achat, le double de Rennes, Dijon ou Toulouse), Paris est aussi la seule ville de France où un café avec vue sur la rue vous coûte jusqu’à 5 €. Alors, Paris, un bon plan ou un “rêve un peu fou” ?

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    Côte Ouest en tête

    Jeudi 16 juillet 2009

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’Ouest recueille vos suffrages. Ecotidien poursuit son Tour de France du pouvoir d’achat dans votre moitié de pays préférée…

    Que ce soit sur Yahoo Q/R, sur Facebook ou sur Twitter, à la question « Quelle ville a le meilleur pouvoir d’achat ? » , vous êtes 65% à répondre spontanément en citant une ville de l’Ouest de la France : « Vannes », (40% !) « Nantes », (15%) « Rennes » (10%), « Toulouse »…

    Cécile s’est posé la question lors d’une soirée entre amis, et pour elle et sa bande, c’est Vannes la grande gagnante. « Emplacement idéal, prix pas trop violents, douceur de vivre, des professions libérales, et un budget vacances très allégé, puisque multiples possibilités autour de la ville ! » La préfecture du Morbihan compte plus de 54 000 habitants, ce qui fait d’elle la 5è ville la plus peuplée de Bretagne. Avec une délégation de la Chambre de Commerce et d’Industrie, 93% d’actifs salariés et près de 5000 entreprises hors agriculture, l’emploi se porte globalement bien. Vannes est aussi un technopôle qui a reçu le label Ville Internet, récompensant les villes les plus connectées. L’année y est rythmée par les événements culturels gratuits ou presque, du jazz à la photo en passant par les fêtes historiques…

    A Rennes, 210 000 personnes se partagent des logements qui ont de quoi faire rêver les habitués de Paris, où louer un appartement de plus de 2 chambres pour moins de 1300 € tient du miracle (ou de la grande fortune). En effet, 39% des logements rennais disposent de 4 pièces, et 98% des appartements sont équipés de chauffage central. Le revenu moyen d’un ménage Rennais est de près de 16 000 € par an, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne nationale.

    Mais le marché de l’emploi n’est pas pour autant au beau fixe : l’usine PSA emploie à elle seule plus de 10 000 salariés, et si les agences d’intérim ne désemplissent pas, les emplois qualifiés se font rares dans le secteur privé. « J’ai un bac+5 en économie, je suis diplômé depuis 2 ans et je n’ai encore jamais travaillé dans mon secteur. J’ai pu uniquement enchaîner les missions précaires. Si à la fin de l’année civile, je n’ai toujours rien trouvé, je vais devoir me résoudre à passer un concours de la fonction publique. Ou à déménager » nous confie Antoine, 27 ans, Rennais depuis plus de 20 ans.

    Si Antoine ne trouve pas d’emploi dans sa région, il pourra à coup sûr s’exporter : en juin dernier, le journal économique La Tribune a classé Rennes-1 meilleure université pour les masters en Droit-Economie et Gestion. Ce qui n’empêche pas les revenus de rester très bas, en particulier pour les femmes qui occupent en majorité des emplois peu qualifiés. Et quand en France, en moyenne, une femme cadre touche 31 237 € par an, elle doit se contenter de 26 700 € en Bretagne. Toutefois, on peut noter que les régions de l’Ouest sont parmi les moins inégalitaires de France. Alors que partout ailleurs sur le territoire, le taux de pauvreté approche les 12%, en Bretagne, il est d’à peine 9%. Ce qui en fait, avec l’Alsace, la région statistiquement la moins pauvre du pays, toujours selon l’INSEE.

    Tous s’accordent pour le dire : en Bretagne, et plus généralement dans le Grand Ouest, nul besoin d’être très riche pour bien vivre. Pour Antoine, « l’atout, c’est bien évidemment les plages vastes comme à St Malo, et pas trop encombrées de touristes » et le dynamisme. Antoine affirme ainsi que « pas un groupe de musique ne fait de tournée nationale sans passer par Rennes. Avec les Transmusicales, les Vieilles Charrues, ou le festival Quartiers d’Eté, culturellement, la région bouge pas mal. Et pour des prix modiques ! En octobre, je vais voir Renan Luce à la Salle de la Cité, pour 25 €. Vous connaissez beaucoup de villes ou les chômeurs peuvent s’offrir des soirées concerts tous les mois ? » Ajoutez à cela plus de 140 bars, où l’on peut boire un Coca Light pour moins de 3 € et une bière à partir de 2 € 50, et les innombrables petites crêperies, brasseries, et autres stands où l’on peut manger rapidement et agréablement pour moins de 5 €, et vous obtenez un pouvoir d’achat plutôt bien portant.

    Si, une fois installé dans l’Ouest, on peut profiter à loisir de sa qualité de vie, pour y arriver, les places sont chères. 1 Français sur 10 a changé de département au cours des 5 dernières années, et parmi eux, un tiers environ a émigré vers un département de l’Ouest. D’après une étude IGN / INSEE, alors que certains départements de l’Est font littéralement fuir leurs habitants, et perdent jusqu’à 5 points de démographie, toute la côte Ouest accueille plus d’habitants qu’elle n’en perd. Du Nord de la Bretagne à la frontière espagnole, chaque département de la côté atlantique a pris de 3 à 6 points ces 5 dernières années.

    Selon le dossier sur les projections régionales à l’horizon 2030 d’Olivier Léon et Pascal Godefroy, du pôle Emploi-Population de l’INSEE, les départements de l’Ouest devraient même connaître une croissance et un rajeunissement de population sans précédent. Ainsi, alors que l’ensemble de la population française serait vieillissante et enregistrerait une part de retraités exponentielle, dans le Languedoc-Roussillon, les Midi-Pyrénées, les Pays de Loire et l’Aquitaine, la part des étudiants et des jeunes actifs croirait. On enregistre plus + 23 % de moins de 20 ans pour le Languedoc-Roussillon et + 15 % pour les Midi-Pyrénées. En cause, les jeunes familles qui s’y installent pour faire naître leurs enfants ici, et les étudiants attirés par l’addition université + plage + faibles loyers, ou par le prestige des grandes écoles.

    Ainsi, on trouve à Toulouse l’ESC, l’ISEG, l’IDRAC, l’IFAG, un IEP – Sciences Po, et des écoles d’ingénieurs comme EPITECH. Si certaines de ces écoles sont privées et payantes, le faible coût de la vie en fait une ville de choix pour suivre des études. Ne serait-ce que pour le logement : dans un simple journal d’annonces immobilières, on trouve une centaine d’offres de location, et sur un site web spécialisé, plus de 1700 studios de plus de 12m2 cherchent preneurs. A titre d’exemples, dans le quartier Purpan-Université, pour moins de 300 € charges comprises, on peut habiter un studio tout confort de 16m2 ; et à Lardenne, pour 315 €, c’est un appartement de 33m2 qui attend son locataire.

    Mais outre les prix relativement bas, la ville fait une grande place à l’écologie. Ainsi, Toulouse fait office de précurseur avec la Cartoucherie, le premier éco-quartier de la ville, alors qu’à Paris, ça n’est encore qu’un vague concept. Si le Sud-Ouest est actuellement sous le coup d’une alerte orange à l’orage Météo France, contrairement aux idées reçues, en Bretagne, il ne pleut que 140 jours par an en moyenne (avec un pic à 210 jours par an à Brest) c’est-à-dire moins qu’à Biarritz par exemple ! Et la réputation de plages polluées que traînent les stations balnéaires bretonnes n’empêche pas les habitants d’organiser régulièrement des opérations de nettoyage. Antoine y participe tous les ans et plaisante : « C’est une façon de sortir gratuitement… et de mettre mon chômage à profit ! »

    Marlène Schiappa

    Photo: Affiche du festival Quartiers d’Eté de Rennes, 15 et 16 juillet

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    Marseille, un pari sur l’avenir

    Mercredi 15 juillet 2009

    Tour de France du pouvoir d’achat: aujourd’hui, Ecotidien va à la rencontre des Marseillais.

    Deux jours et 75 € de train plus tard, nous avons quitté Dijon et la Bourgogne pour nous rendre à Marseille, après un changement à Lyon. Apparue au VIème siècle avant JC, Massalia a toujours été au carrefour des civilisations. Ville à la fois très riche et très pauvre, Marseille abrite les ménages les plus hétérogènes. Dans le vallon des Auffes, d’immenses et superbes villas surplombent la mer, et l’on y voit des Audi, des Mercedes et des BMW s’engouffrer dans les garages sous-terrain. Tandis que dans les quartiers Nord, à 5 stations de métro de là, les vieilles carcasses abîmées s’entassent au pied des cités HLM délabrées. André Donzel, sociologue à l’Université de Provence, rappelle dans une étude sur Marseille les écrits de Rambert qui opposait déjà, en 1934, le Nord industriel pauvre au Sud résidentiel et bourgeois. Séparés symboliquement par la Canebière, frontière sociale et économique. Des disparités que l’on retrouve évidemment dans le pouvoir d’achat des Marseillais.

    En région PACA, près de 54 000 ménages sont assujettis à l’ISF, dont près de 6 000 à Marseille même. Dans le même temps, on compte près de 12% de la population, soit 520 000 personnes, vivant sous le seuil de pauvreté. Pour la plupart dans ce qu’on appelle « les quartiers Nord » de Marseille (14è et 15è arrondissements principalement): 71% de la population bénéficiant d’une allocation bas revenus habite dans les territoires du CUCS (urbains sensibles) selon la Mairie de Marseille.

    Mais parmi eux, certains quartiers comme la Belle de Mai, dans le 3è arrondissement, sont en pleine rénovation. Comme Le Marais à Paris, il y a 10 ans, ou Belleville actuellement, le coin passe progressivement de « populaire » à « branché ». La création du Pôle Média, qui regroupe les studios, les bureaux et la production de 70 sociétés audiovisuelles (dont Plus Belle la Vie) y contribue largement. Ainsi, en 10 ans, le prix de l’immobilier à l’achat a presque doublé dans ce quartier, atteignant aujourd’hui près de 3500 € le mètre carré en moyenne. Stéphane, responsable commercial, a quitté Paris pour s’installer à Marseille en 2007 avec sa famille. « Pour le soleil » et pour « gagner en pouvoir d’achat ». Pari gagné ? « Oui et non. Pour le soleil, pas de problème. Pour le pouvoir d’achat, les prix sont presque les mêmes que ceux de Paris. Et les salaires sont inférieurs… donc on va dire qu’on paye le soleil et la bonne humeur des gens ! » sourit-il.

    marseille2La moyenne des salaires des joueurs de l’OM serait de 120 000 €, mais le revenu moyen par ménage reste légèrement inférieur à la moyenne nationale. Et si le taux de chômage baisse régulièrement, il n’en demeure pas moins élevé. De plus de 20% dans les années 90, alors à son plus haut niveau, il est revenu à moins de 13% en 2008 (source : INSEE), soit 3 points au dessus de la moyenne nationale. « Il y a un grand nombre de demandeurs d’emploi, mais on n’arrive pas à savoir ce qu’ils veulent faire. Ils acceptent un entretien d’embauche, mais ils n’y vont pas, ou ils partent avant la fin de la période d’essai. » analyse Amina, coach emploi dans un cabinet de placement. Des centaines d’offres d’emploi, pour la plupart non qualifiées, ne trouvent pas preneur.

    Ou bien elles trouvent illégalement : à Marseille plus qu’ailleurs, on recourt à l’économie sous-terraine. Jimmy nous confesse avoir été serveur ‘’au noir’’ pendant plus de 3 ans. « Je touchais plus de 2600 € en cash chaque mois, sans compter les pourboires. C’était plus rentable pour le patron qui s’économisait les charges, et pour moi parce que déclaré, j’aurais touché moins. » Jimmy a du arrêter quand il a eu un accident de scooter et n’a bénéficié ni de soins remboursés, ni de jours d’arrêt maladie rémunéré, ne pouvant pas prouver qu’il avait bien travaillé. « Ca m’a couté plusieurs milliers d’Euros. Au restau, le patron n’a eu aucun mal à me remplacer, tant qu’il y aura de la demande et que chacun y trouvera son compte, ça marchera comme ça ! » dit il un brin fataliste. Aujourd’hui serveur ‘’officiel’’, il n’exclue pas de retravailler au noir dans quelques années.

    Bâtiment, restauration, sécurité, les emplois non déclarés sont légion. Mais il y a un secteur qui, à Marseille, génère plus d’économie qu’ailleurs : le sport. Dans la ville qui a vu grandir Zinédine Zidane, Eric Cantona et Samir Nasri, et qui a même brièvement accueilli Laure Manaudou, on ne peut pas passer à côté. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ville est bien équipée ! Les Marseillais ont l’embarras du choix pour voir ou faire du sport : Palais des Sports, Cercle des Nageurs de Marseille, Hippodromes Borély et Vivaux, Salle Omnisports Vallier, le futur Palais de Glisse et de la Glace qui ouvrira dans l’année (destiné à attirer les amateurs de sport d’hiver qui allaient en Savoie)et bien sûr le Stade Vélodrome, stade de l’OM, 60 000 places.
    « Les places au Vélodrome sont chères, alors on ne va pas voir tous les matches » affirme Jimmy.

    Mais à Marseille, nul besoin de payer pour voir du spectacle : l’ambiance est tout aussi animée en terrasse du bar de l’OM, sur le Vieux Port. Amina confirme : « A Marseille on peut se distraire tous les jours si on veut: plage, calanques, Vieux-Port, promenades en ville, journée dans l’arrière-pays, et tout ça pour 0 € ! Au moins, la ville est toujours animée » Animée à tous les niveaux. Car si Marseille accueille plus de 4 millions de touristes chaque année, dont 80% de Français, ceux-ci ne sont pas toujours bien reçus. En ouvrant les yeux, on peut voir au moins un vol à l’arrachée par jour, appareils photos, portefeuilles, vêtements, tout ce qui peut se revendre est bon à prendre. Dernièrement, une bande d’enfants-cambrioleurs dont le plus jeune avait à peine 12 ans ont même été délogés d’un squat boulevard Moretti, où ils ramenaient leurs butins.

    marseille3« Pour les enfants, Marseille n’est pas une ville idéale. Il vaut mieux vivre en villages. Les Marseillais dont la famille vit ici n’ont pas de soucis, on trouve toujours une tante ou une grand-mère qui ne travaille pas et garde les petits. Mais notre famille vit à Paris, nous payons donc une assistante maternelle 850 € par mois.» explique Stéphane, le Parisien. « Mais la solidarité qui règne ici m’impressionne. Une injustice ? Grève générale ! Quand je suis arrivé, le propriétaire d’un bar m’a entendu dire que j’avais encore des affaires à sortir du camion et à monter dans mon nouvel appartement, au cinquième étage. Et que ma femme était enceinte. Il m’a envoyé le jour même ses deux serveurs pour m’aider, gratuitement !» Stéphane dresse la liste de ces menus services qui dopent le pouvoir d’achat : poissons pêchés et partagés, covoiturage spontané, vêtements donnés… « Ici, tout n’est pas forcément marchand » explique le responsable commercial.

    En attendant la promulgation d’une loi, le journal La Provence révélait la semaine dernière qu’une majorité de Marseillais était contre le travail du Dimanche. Et ils savent de quoi ils parlent : les 400 magasins de la zone commerciale de Plan de Campagne, surtout fréquentés par les habitants des régions limitrophes, sont ouverts le dimanche depuis des années. Le shopping du samedi après-midi n’est pas en reste: les commerces du centre ville de Marseille génèrent à eux seuls 500 millions d’Euros de chiffre d’affaires !

    Mais pour dynamiser encore son pouvoir d’achat, Marseille devra faire face à de nouveaux défis dans les années à venir. Le premier est culturel et international: la ville, qui bénéficie d’un rayonnement mondial, a été choisie pour être Capitale Européenne de la Culture en 2012. Plaque tournante, au centre de la nouvelle Union pour la Méditerranée, son port est sans cesse en activité et le ballet des bateaux provenant de Corse, d’Italie, de Tunisie, du Maroc, est incessant.

    Le second est environnemental : ville la plus polluée de France, Marseille a même vu se créer une Ecole de l’Asthme. D’après Ecoforum, qui mesure la pollution, 300 000 Marseillais vivent dans une zone où la valeur limite (40 microgrammes de NO2 par mètre cube d’air et par an) est dépassée. Deux défis importants à relever, et deux raisons de protéger les calanques de Cassis, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, sortie estivale préférée (et gratuite) des Marseillais comme des touristes.

    Marlène Schiappa

    Photos:

    1/ La “Bonne Mère”

    2/ Logo de l’Olympique de Marseille: Droit au But !

    3/ Place de la Joliette (crédit: Mairie de Marseille)

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